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15 mars 2012

Brûlée vive de Souad


Synopsis

Souad a dix-sept ans, elle est amoureuse? Dans son village comme dans beaucoup d'autres, l'amour avant le mariage est synonyme de mort. "Déshonorée", sa famille désigne son beau-frère pour exécuter la sentence.

Aux yeux de tous, cet homme est un héros. C'est ce que l'on appelle un "crime d'honneur". Ce n'est en fait qu'un lâche assassinat. Plus de cinq mille cas sont répertoriés chaque année dans le monde, bien d'autres ne sont jamais connus.

Atrocement brûlée, Souad a été sauvée par miracle. Elle a décidé de parler pour toutes celles qui aujourd'hui risquent leur vie. Pour dire au monde la barbarie de cette pratique. Elle le fait au péril de sa vie car l'atteinte à "l'honneur" de sa famille est imprescriptible.

Mon avis

Ce livre est un véritable électrochoc. J'avais déjà entendu parler des "crimes d'honneur", mais je ne pensais pas qu'ils pouvaient être aussi atroces. Les conditions de vie des femmes en Cisjordanie sont similaires à celle des esclaves à l'époque des négriers. Pas le droit de penser, de sortir, de jouer, juste celui de travailler et de se faire frapper. 

C'est sans fioriture que Souad nous présente sa vie d'enfant en Cisjordanie. Une vie qui est à l'opposé de ce que peut vivre un enfant de notre culture. Elle était toujours en train de travailler, l'amusement, le jeu, le rire lui étaient interdit. A part travailler et se faire frapper, voir même torturer, elle n'avait le droit de rien. 

La seule chose qui aurait pu la sauver, était le mariage. Et encore. Même mariée, elle aurai pu être tabassée pour un oui ou un non. Dans ce pays, la condition des femmes est pire que celle des animaux, et oui, les animaux amènent la viande, le lait, leur peau, mais une femme, qu'apporte-t-elle?

Souad se met donc à rêver de son mariage, même si elle doit attendre que ses soeurs aînées soient mariées avant. A l'homme qui la choisira et avec qui elle passera le reste de sa vie. Et c'est là qu'elle rencontre un homme, et qu'à dix-sept ans, et non mariée, elle tombe dans la folie de l'amour. Après avoir remarqué qu'elle est enceinte, son amoureux l'abandonne et part, tout en sachant que c'est la mort qui attend la pauvre Souad. 

Car en Cisjordanie, les femmes ayant "déshonorées" leur famille sont punis de mort, et la plupart du temps, par le feu. Souad est donc brûlée, et sera transféré dans l'hôpital le plus proche, où aucuns soins ne lui seront prodigués. 

Elle sera sauvée par une femme d'une association humanitaire qui risquera sa vie pour la sortir du pays. Et c'est là que ce roman commence à prendre tout son intérêt pour moi. En effet, Souad nous explique comment elle a pu se construire, elle qui est considérée comme morte. Illettrée et n'ayant aucune notion d'un pays occidental, comment elle va s'adapter et apprendre à vivre. 

En bref

Il est très dur de faire une "critique" d'une biographie. En effet, on ne peut pas critiquer la vie d'une personne qui a tout le courage de la faire partager. Surtout une vie de souffrance comme celle-ci. Cependant, j'ai beaucoup appris, et ce livre aura changé des choses en moi. 

Challenge

6 octobre 2011

On peut se dire au revoir plusieurs fois de David Servan-Schreiber


Synopsis

Dans un livre court, une centaine de pages, et très personnel, David Servan-Schreiber fait le bilan de son long combat contre le cancer, plusieurs fois victorieux et semé de rechutes. Avec lucidité et de façon lumineuse, il parle de la douleur, de la peur et du courage face au mal, mais aussi de l'espoir, de la force de vivre, et de ses rêves d'avenir. 

Ecrit par un homme que la maladie atteint mais ne brise pas, ce témoignage poignant évoque la mémoire de Jean-Dominique Bauby et de son Scaphandre dans la manière qu'il a de nous faire aimer la vie en regardant la mort en face.

Mon avis

Il est difficile de faire une "critique" d'un tel roman. On ne peut pas emettre un avis sur les choix de vie d'une personne. Ce témoignage est poignant, du début à la fin.

On pourrait le séparer en trois parties: la permière où il décrit les symptômes de sa rechute, la seconde, pleine d'espoir, où il nous explique qu'il faut "savoir vivre sa mort" rester positif sans tomber dans le déni. Et la dernière, très personnel, où il parle de lui et de ses proches.

La partie qui m'a le plus impressionée est la seconde. Tout cet espoir, malgré une issue connue, la mort. Savoir profiter de chaque instant sans se lamenter sur son sort. Que de positivité dans une situation si triste.

En bref

Un tout petit article pour une si belle démonstration de joie de vivre et d'espoir. Un témoignage très touchant et agréable à lire.